– Le Cintra, Fribourg

 

La Liberté | 6.2.2002

Des toiles comme un journal intime généreux

Daniel Salzmann raconte le quotidien avec un souci d’essentiel et une expressivité joyeuse. Les Fribourgeois pourrent voir son travail dès demain, au bar du Cintra. Il y dédicacera son recueil «Dingfest» dès 18h30.

Florence Michel

C’est un journal d’hiver et divers, explique Daniel Salzmann. Il est né de l’observation quotidienne… du quotidien menée entre novembre 2000 et mars 2001. Le peintre avait décidé qu’une toile naîtrait chaque jour, il en a finalement gardé une cinquantaine. Ces huiles, qui ont toutes le même format de 24 centimètres sur 30, racontent les êtres, les objets, les fleurs, les animaux croisés: en portant sur elle un regard attentif, l’artiste a transfiguré ce que l’on appelle la banalité des jours. Il y a mis de l’amour, de la poésie et de l’humour, décalant les valeurs.

Ainsi, une chemise, un bouquet, le visage masqué d’un Palestinien vu dans un journal, des vol-au-vent, la main de Jean-Sébastien Bach, un produit de nettoyage et Paris dans une boule-qui-neige deviennent la quintessence instantanée d’une journée. Le journal est certes intime, mais traversé par la générosité du trait et les couleurs expressives de Daniel Salzmann – qui aime aussi bien Van Dongen que les haikus.

Histoires à inventer

L’artiste ne se contente pas de montrer son travail, il invite deux autres créateurs suisses à y glisser leurs mots: l’écrivain argovien Klaus Merz (reconnu pour ses reportages dans le magazine Du) et la poétesse romande Mousse Boulanger. Un choix de vingt-deux toiles, des textes en allemand et en français, voici un recueil délicieux qui déborde d’histoires à inventer. C’est Dingfest, que l’on peut traduire à la fois par «fête des choses» et par «mise au point»…

On pourra découvrir ce travail demain à Fribourg, au bar du Cintra où Daniel Salzmann, qui y a déjà un atelier, est sur le point d’emménager. Le Haut-Valaisan de 46 ans revient en quelque sorte à une de ses sources puisqu’il a étudié la pédagogie curative à l’Université de Fribourg avant de se consacrer à la peinture. Outre un premier prix au concours fribourgeois «Plum’Art» en 1989, il a exposé à plusieurs reprises dans la région avec le sculpteur Res Freiburghaus et, en solo, dans plusieurs galeries de Suisse.

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